Je ne suis pas normale

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Ce matin je suis dans l’obligation de me poser cette question existentielle : Ai-je vraiment un coeur ? Suis-je un être doté de sensibilité ? Suis-je « normale » ? Jusqu’à hier je le pensais sincèrement. En 90 minutes : tout a été remis en cause.

Il y a des soirées qui s’annoncent inoubliables : un plan ciné en amoureux, un babysitter trouvée sans mal et un film attendu depuis des semaines, La La Land de Damien Chazelle.

La La Land, c’est selon l’Humanité tout entière le meilleur film de l’année.
La La Land c’est le consensus absolu en ces temps de fracture et de division.
La La Land, c’est du baume au coeur en tartine généreuse.

#CestMarquéSurLesAffiches

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La cliente idéale

Mais siiiii ! Je t’assure que je pensais avoir le profil PARFAIT ! Je pensais même, présomptueuse que je suis, que ce film avait été écrit POUR MOI, tellement tout, je dis bien tout devait me plaire. Tu veux des preuves ? Alors je balance le dossier. C’est du lourd !

  • J’ai vu tout les films de Jacques Demy et ceux de Judy Garland (Mais tout ! )
  • Je suis une fan de Michel Legrand
  • Je connais par coeur Les Demoiselles de Rochefort
  • On chante TOUS les matins « Chem’ Cheminée Chem’ cheminée » de Mary Poppins avec les enfants en allant à l’école
  • On se mate au moins 1 fois par an La Mélodie du Bonheur
  • Christophe Honoré est l’un de mes réal’ fétiches, pour avoir si besoin adapté les  codes et les thèmes des comédies musicales classiques, aux drames sentimentaux d’aujourd’hui (et non ce n’est pas juste pour Louis Garel, je vous vois venir)
  • Je suis touchée par la moindre particule de romantisme qui peut émaner d’une oeuvre, au point d’avoir immédiatement les larmes aux yeux (« nan je ne pleure pas … j’ai une conjonctivite d’abord… pffffff mais n’importe quoi l’ mec, t’approche pas ou je te contamine ! ») #CoeurDeBeurre

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Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

C’est là mon drame. Tout tient ses promesses. La photographie hallucinante. Les décors somptueux. La mise en scène flamboyante. La performance de pianiste de Ryan Gosling (qui partait de Si si do ré ré do si la sol sol la si si la la appris en 4eme). La palette d’émotions d’Emma Stone. Et la musique…

Je suis désolée (pour moi) et triste d’être totalement passée à côté, notamment parce que la musique, les chorégraphies et surtout les chansons m’on laissée indifférente. Moiiiii. Indifférente « à de la musique ». J’avais adoré Whiplash pour les mêmes raisons sur la Mise en scène , mais le film était d’une intensité incroyable. Chazelle récite parfaitement sa leçon des films du genre, mais je n’ai pas été touchée par la grâce (même par la scène d’ouverture ! ). Je vous l’avais dit : je suis un être insensible. Et je assure que passer à côté d’une comédie musicale (quand on aime le genre, et dont les productions sont plutôt rares), c’est comme être le 4eme fauteuil qui ne se retourne pas à The Voice, quand tous les coachs vous dévisagent en faisant toc-toc avec leur doigt.

Bon. Je vais retourner regarder l’Exorciste 2 (dont Chazelle a fait le scénario)… et je reviens.

Je souhaite le meilleur à ce film. Mais en attendant les Golden Globes et les Oscars… je vous propose de rire un peu !

Et vous ? Gros coup de coeur ?

#LOVEsurVOUS (même avec mon coeur sec)

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24 réflexions sur “Je ne suis pas normale

  1. La Siphonnée dit :

    Oh bah flûte alors…! 😯 Je suis désolée pour toi aussi ! Mais ça ne fait pas de toi quelqu’un d’anormal pour autant, t’inquiète paupiette ! À quand le prochain Honoré alors ?! Avec ou sans Louis Garrel (mais avec, c’est mieux quand même 😉) #FanAbsolue
    Gros mis normands !

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    • donotracuspote dit :

      Pour te dire combien j’étais prête à tout donner : je pleurais quasiment déjà au bout de 2 minutes de B.Annonce du « Sac de Billes ». Nicolas a trouvé ça « génial », lui qui est plutôt Walking Dead et films d’action… #JeNeSuisVraimentPasNormale 😀 (mais ça fait un petit moment que je le sais !) Bisous belges, ma belle !

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  2. Alex dit :

    J’avais ressenti la même chose pour Amélie Poulain à l’époque : peut-être le fait d’attendre trop d’un film à cause notamment d’un consensus médiatique, entraine ce genre d’appréciation. C’est pour ça que dès que j’entends parler de ce film, pour l’instant je zappe :p

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  3. mespetitso dit :

    Vraiment dommage pour toi car comme toi j’étais le public idéal et on a les même classiques ! Et ce film m’a émerveillée, imprégnée et je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais je l’ai trouvé à la fois magnifique et le sujet profond m’est resté.
    (je fais même un lien avec le nom moins profond « Revolutionary Road » qui m’était resté aussi mais dans un genre qui n’a rien à voir avec celui-ci)
    J’imagine que c’est le genre de film à aller voir très vite pour éviter que l’enthousiasme des gens, de la presse ne place la barre trop haut. Je te rassure tu n’es pas la première à ne pas avoir accroché (bon, tu n’es pas la 50ième non plus lol, tu es la 2ème hi hi 😉
    Des bises ma belle !

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    • donotracuspote dit :

      Oui, j’aurais dû fermer mes yeux et mes oreilles pour éviter de « poluer » cette expérience. Contente en tout cas que je film t’ait plu. C’est toujours beau une rencontre avec un film… (et vraiment je la cherchais)… Allez, le prochain ! Bises bises Eve !

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    • donotracuspote dit :

      Dans Wishplash… y’a « splash » et c’est vraiment la claque dans la gueule que je m’étais prise. J’ai gardé l’energie du film en moi pendant 48 heures au moins. Je racontais à qui mieux mieux (oui j’adore cette expression) que c’était LE film du siècle !! ^^ Et là… comme tu dis, j’ai l’impression que la surmédicalisation nous a un peu volé notre film… Allez, vite un prochain Damien !! 😀

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  4. Olivia dit :

    Ma très chère Laura,

    Les effluves que m’ont laissées ce film jusqu’aux petites heures de la nuit, seule, dans mon émotion incandescente après des heures de visionnage – alors même que le cher être qui avait partagé ce moment de cinéma avec moi (mon Sebastian en quelque sorte) et qui l’avait également aimé – dormait depuis longtemps-, m’enjoignent à réagir à ton petit mot, et à ta question d’entame.

    Peut-être est-ce parce que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur cinématographique le genre de la comédie musicale et que, donc, je ne m’attendais pas ergo à être transportée plus que cela par d’honnêtes claquettes – car non, quand mes copines essaient de me convaincre de sortir, elles ne tournicotent pas autour de moi comme des papillons sous gentils acides, comme dans La la land (d’ailleurs, peut-être que mes copines ne me proposent pas de sortir serties de couleurs monochromes parce que je dis du mal des papillons ?).

    Peut-être est-ce parce que j’ai la fâcheuse tendance à ne pas m’enthousiasmer pour un projet, voire un produit, qui fait l’unanimité, exerçant par-delà mon droit d’être le mouton à cinq pattes suspicieux de notre grégaire troupeau humain – et que tant d’étoiles sur un sujet tellement hollywoodien que La la land avait tendance à me chatouiller la laine critique rien qu’à regarder l’affiche, en sus de l’hiver et des mites.

    Peut-être était-ce ce moment opportun, complètement volé, calfeutrée dans une salle obscure, à l’abri du temps, avec lui (mon Sebastian) et grâce à lui (le film de Damien Chazelle) – où était-ce l’inverse – qui m’a permis d’ouvrir des ressorts enfouis que jamais je n’aurais imaginés trouver là, emballés de papier bulle, d’air de ressemblance (lala), de pas de deux (land).

    Qu’importe que je pensais ne pas beaucoup aimer Emma Stone – elle est en fait époustouflante d’authenticité, jusque dans le dernier souffle de son monologue chanté; pour dire vrai je l’aimais déjà dans Crazy Stupid Love, parce que c’est une sacré actrice. Parce qu’elle transpire la vie.

    Qu’importe que je m’étais forcée à ne pas tomber béatement sous le charme de Ryan Gosling – Drive ayant laissé ses séquelles – le dit charme opère : n’est-il pas dans La la land aussi paumé – pardon passionné – pardon amoureux – pardon perdu – pardon passionné… que sa belle. Rien à dire, il swingue des doigts et des genoux cet homme-là. Parce qu’il flippe, et si ça, ce n’est pas être dans la vie…

    Qu’importe ce qui vous emporte dans ce film, il y a l’envolée lyrique que prennent les existences de Mia et de Sebastian – un homme, une femme, pétris de leurs incertitudes qu’ils mêlent à des rêves, pétris de leurs rêves, qu’ils mêlent à des incertitudes.
    Ils sentent le café, le maquillage, et le soleil de Californie, ils sentent la bière, le cuivre du saxophone et le désespoir. Comment s’aimer quand on ne sait pas comment vivre ?
    Ils dansent les décalages, ils s’insurgent du cadre, ils réforment l’action – sur le fond comme sur la forme – combien de cinéphiles trouveront un plaisir coupable à aimer voir cette œuvre de Damien Chazelle se déplier sous leurs yeux.

    Il est difficile de rester fidèle à son rêve.

    Damien Chazelle faisait déjà saigner les doigts de son prodige de batteur dans Whiplash – un film brut d’intensité.
    Damien Chazelle aime, à travers ces deux films – Whiplash et La la land – le jazz, et une femme qui lui a échappé.
    Et nous donne à voir, à travers eux, nos destins au moment du premier souffle.

    Quand la passion transcende, qu’elle s’incarne dans des espoirs désespérés. Quand le désir nait, et que deux mains qui s’effleurent – où est-ce deux regards-, font battre nos cœurs à tout rompre.

    Tout rompre, tout casser, tout donner, n’est-ce arriver à aucun d’entre nous, cette impression ? De danser parmi les étoiles, comme dans La la land, lors de cet instant, entre les deux mains qui se touchent et les deux bouches qui se rencontrent ? De danser contre les étoiles, comme dans La la land, quand nous sentons qu’une conversation déchire une promesse silencieuse ?

    Romantisme, j’écris ton nom. Ce qui se dit au moment du premier souffle, ce sont en même toutes les réponses que nous pouvons donner aux moments des seconds souffles, des troisièmes, des quatrièmes, des infinis souffles du quotidien, et au moment du dernier.

    Qu’avais-je promis ? A qui appartient l’épaule sur laquelle poser ma tête quand je suis heureux? Quand je suis heureuse ?
    Autant de réponses auxquelles convie La la land.

    Bien sûr, dans la vraie vie, nous ne chantons ni ne dansons nos existences, ce n’est pas dommage – pour beaucoup, c’est sans doute un soulagement. Mais ça démange.

    Et c’est bien le propre de la comédie musicale que nous propose Damien Chazelle, elle nous démange, dans l’interstice entre la fiction et la réalité.
    Sans doute, précisément, où nous ne l’attendions peut-être pas.
    Moi, elle m’a parlé jusque tard dans la nuit.

    Ma chère Laura, merci de m’avoir permis de prendre le temps de mettre en mots mon affection pour ce film, ce réalisateur, ces acteurs.
    Es-tu normale, non bien sûr ! Mais qui l’est ?

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    • donotracuspote dit :

      Roh ma copine, je crois qu’aucune réponse ne serait vraiment à la hauteur du temps que tu as pris pour re-sentir, ré-imaginer, analyser le film, son intention, sa mécanique et son effet WOUAH sur toi. Je te le jalouse, tu sais. Je te le jalouse parce que j’ai pourtant vu tout cela : les rêves qui s’envolent ou que l’on suit en payant le prix fort, les chemins de la vie, l’amour passion, sur fond de jazz. J’ai vu tout cela, sans pour autant ressentir dans ma chair la communion avec l’oeuvre… quand ça fait écho tellement fort que tu plonges tête baissée pendant que le temps s’échappe. J’ai vu le temps. Après je garde de belles choses en tête : le monologue et cette réécriture de ce QU’AURAIT dû/pu être l’histoire… mais voilà, même en me persuadant, quand la corde ne vibre pas… elle ne vibre pas.
      Heureuse que ce film t’ait transportée ! On se re-debriefe le film en live quand tu veux ! >3
      Bisous ma poulette !

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  5. Canelle. dit :

    Laura!
    Alors bon, en fait je sais, j’ai compris!! Je t explique: Pour avoir le même parcours – Jacques Demy, Michel Legrand, The Sound of Music, Mary Poppins, mais tout en VO, localisation géographique oblige….je te Comprends.
    Mais, grande différence, J’ai vu Lalaland avant d en lire toutes les critiques, avant sa sortie en Europe etc..
    la première scène m a fait peur, ça ne collait pas, ça ne marchait pas!!! Le flippe.
    Mais je suis « rentrée » dans le film, les acteurs -je ne suis pas du tout fan de Ryan gosling, ouais je sais…- m y ont aide. En fait j aime leur complicité.
    Il se Peut Aussi I que l actu plus que morose de ces derniers temps m ait poussé à surkiffe le romanstisme d un film d un genre trop rare de nos jours.
    Donc en fait, moi, je dirais que  » your expectations were too high ». Il était impossible que tu aimes ce film autant que tu le voulais…. tu as un niveau de « comédies musicalité » beaucoup trop pointu!
    Dans mon cas, je savais a peine que c était une comédie musicale! Blame it on the summer school holidays… bref, oublies le. Quelque temps. Tu réussiras à l apprecier ensuite.

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    • donotracuspote dit :

      C’est exactement ce que je me suis dit : je connais ce film désormais, j’imagine son pouvoir (même si HIER il n’a pas pris sur moi) et je dois trouver un moment pour le revoir ! Je pensais que les étoiles étaient alignés pour que la communion se fasse… pas alignées à celles de Hollywood ! Je comprends ton précieux conseil ! Enjoy Summer School Holidays… ici le froid pique ! Bisous volants ! 😀

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    • donotracuspote dit :

      Coucou ! Il faut attendre que le soufflé retombe un peu, parce que sinon tu risques comme loi de passer à côté ! Sinon, attends le DVD, c’est un de mes copains qui bosse dessus et qui m’a dit (sic) : « Mon but : reconquérir les déçu(e)s de la salle de cinéma avec une édition video irréprochable et exceptionnelle »… Un beau challenge ! Bises belges !

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  6. natpiment dit :

    pas fan des comédies musicales , enfin pas mon cinéma préféré et pourtant j’ai vraiment bcp aimé (adoré serait exagéré , juste beaucoup aimé) . En fait c’est le dernière scène qui m’a bouleversé et j’y suis allée de ma chaude larme …..et evidemment, j’avais « beaucoup aim » Whiplash qui m’avait bcp « retourné ».
    Bises

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  7. Salomette dit :

    Oh, première critique négative de ce film que je vois, ca fait du bien, ca me met ma pression de voir que personne autour de moi n’a résisté au charme de cette comédie musicale. Pour ma part, j’attends un peu que toute la médiatique autour du film se calme avant d’aller le regarder, histoire de ne pas y aller pleine d’attente et de pouvoir vraiment l’apprécier en me faisant ma propre idée 🙂

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