Adoucir Paris

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8h15. Sur le banc humide de l’arrêt du bus 39 que j’attends à Convention, je pose mes sacs, lourds, dans un profond soupir. Le poids des sacs y est pour beaucoup, le poids de la Capitale aussi. Cette question tourne en boucle dans ma tête «Comment font-ils ? Comment y arrivent-ils ? Comment supportent-t’ils, eux et leur grise mine, cette vie ? »

Je me suis assise sur le banc, j’avais 13 minutes à attendre ce bus 39 destination Gare du Nord. 13 minutes pour les observer et comprendre. Pour me souvenir.

Mettre un filtre

Deux dénominateurs communs, sans compter le profil triste : le pouce qui scrolle frénétiquement sur les réseaux et le casque sur les oreilles. J’ai alors sorti mon téléphone et mon casque. #ModeCaméléon

J’ouvre Insta’, et là je comprends mieux le besoin de se faire des shoots de rêve en intra. Quand les klaxons se déchaînent, quand les embout’ (belgicisme de bouchons) se rallongent, quand les vélos pédalent sans regarder, mais surtout quand ton voisin de métro n’a pas envahi « ta confort zone sociale » mais est carrément plus proche de toi que la plupart de tes petits copains ; à ce moment-là tu es obligé de filtrer. Tu es obligé d’oublier le pire de garder le meilleur. Tu es obligé de regarder Ce meilleur par la lorgnette de ton écran. Exit la réalité le temps d’un trajet, tu choisis de regarder la même chose, mais en mieux. Regarder les mêmes décors architecturaux, les mêmes vitrines, les mêmes looks travaillés mais par le prisme d’un filtre, rosé. #EtLaDouceurBordel

Monter le son

Ce qui est bien avec Spotify, c’est que tu ne sais jamais ce que tu vas écouter, avec ces playlists ajustées à tes goûts. Tous les lundis matins, c’est le même rituel : une tasse d’Earl Grey de Mariage Frères, mon Bullet Journal et les actus sur fond de « La sélection de la semaine », concoctée par l’algorithme de l’app’ itself. Je dois dire que je fais très souvent des bonnes découvertes. Là nous étions mercredi, et comme j’avais du retard sur l’écoute de la playlist, j’ai appuyé sur ON.

Je suis montée dans le bus n°39. Je me suis assise au fond. Pas à la dernière rangée mais le carré d’avant, contre la fenêtre, bien collée pour ne pas me faire écraser par la vieille dame qui vient de s’installer à côté de moi, avec son sac énorme qu’elle garde sur son dos, même assise. Je lui demande si ce n’est pas plus simple de le mettre à ses pieds, elle me répond que non. Je la sens courbée par le poids de cette maison qui lui pèse. Drôle de tortue. Les notes commencent à s’envoler le long des façades des beaux immeubles de la Rue de Vaugirard. Je me laisse bercer par cette mélodie que je ne connais pas mais qui semble rentrer en résonance avec l’environnement qui m’entoure. Je ferme les yeux quelques minutes pour profiter. Je les ouvre à l’arrêt : Hôpital Des Enfants Malades. Je me dis que c’est un affreux nom d’hôpital… et d’arrêt. #EtLaPoésieBordel #HôpitalDeLEspoirInfini

J’en profite pour regarder le titre. vous me croirez ou non… #Serendipity

Ouvrir ses yeux

Puis mon modeste carrosse, après avoir traversé Saint-Germain-Des-Prés rentre dans la cour du Louvre. Je suis une courtisane attendue par le Roi. J’entends les trots de l’attelage. Mais quelle est cette drôle de pyramide qui trône sur le parvis ?

Tourner la tête

Le 15ème, les quais, Saint-Germain, Le Louvre, Les Antiquaires, Les Boulevards… cette chevauchée sauvage, de sud en nord m’a fait presque tourner la tête. Ce bus semble traverser plus que des rues, il traverse les époques, il traverse le temps. Pourtant celui de ma réalité file. Plus que 10 minutes avant que mon train ne s’éloigne vers un nord, et nous sommes toujours dans le 9ème. Je fixe les feux tricolores pour qu’ils restent au vert, je fais quelques incantations. Une gare en vue. Je manque de descendre. C’est gare de l’est me dit la voix du bus. #Damned

Regarder son étoile

Finalement je le loupe de petites 3 minutes. Je fonce pour changer mon billet. L’Etoile du Nord me fait de l’oeil. C’est fou comme un bon thé avec quelques mignardises signées par Chef Marx attendrissent les coeurs les plus lourds. Il est 10h07 à la Gare du Nord et je me dis qu’il n’y a qu’à Paris que l’on vit autant de sentiments mêlés, autant de « Je t’aime moi non plus » dans un temps gris aussi court.

Paris, parie que je te quitte

Pari perdu

Je t’aime toujours autant

Pourtant, là-bas

ma Belle Bruxelles m’attend

Belle semaine à Paris, à Bruxelles, à Lyon, à Rauma, à Sydney ou ailleurs…

#LOVEsurVOUS

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12 réflexions sur “Adoucir Paris

    • donotracuspote dit :

      Coucou C. ! Merci pour ton petit mot doux ! J’aime bien mêler musique te mots… ;D Ah Paris j’y ai habité 7 ans, mais là je suis partie trop loin pour pouvoir y revenir tout de suite. Peut-être quand les enfants seront plus grands… Enjoy Paris ! ❤

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