Eperdument

Copy of Post blog #2-15.png

Dans la voiture qui me ramenait mardi soir vers le lieu de ma naissance, je faisais connaissance avec V, une petite cousine que j’avais jusque-là que peu vue. Une jolie pré-ado accrochée à sa tablette et à son téléphone, qui s’effarouche quand les hautes autorités lui demandent de se déconnecter maintenant parce qu’il est tard et qu’il faut essayer de dormir un peu. Pour palier à la frustration engendrée par cette déconnection forcée, nous avons parlé cinéma. V. adore les films romantiques, pour les sentiments d’abord mais aussi pour la morale (sic). La morale dans Twilight, dans Nos étoiles contraires, la morale encore dans Ghost ou dans Dirty Dancing. Pour chaque film qu’elle me décrivait, elle finissait par me livrer, avec ses mots suffisamment érudits, son analyse des affres ou des beautés de la Nature Humaine.

Je ne savais pas qu’à 12 ans on pouvait être déjà aussi clairvoyante sur les batailles auxquelles s’adonne notre condition. #Epatée

Elle m’a alors demandé quel était mon film romantique préféré. J’ai séché quelques secondes ; pressée par son regard je sentais qu’il fallait que je réponde, mais surtout que mon choix soit à la hauteur.

«  Orgueil et Préjugés !

V : Haaaaaaaaaaan mon histoire préférée… mais tu sais moi ce que j’aime le plus c’est la morale de ce film !

– Qu’est-ce que tu as retenu ?

– Que l’on ne doit pas juger trop vite les gens tant qu’on ne les connait pas et puis que l’on ne doit pas se sentir supérieur aux autres, sinon tu peux passer à côté d’une belle histoire d’amour, ou d’amitié. »

Rien à ajouter.

Et ce soir, alors que je me trouve seule dans un lit qui n’est pas le mien mais que j’occupe par des circonstances assez douloureuses (décès de mon grand-père), je voulais regarder un film romantique. Pas une bleuette qui friserait le romanesque, non une histoire d’amour moderne et intense.

Google. Meilleur film romantique 2016. Images.

maxresdefault.jpg

Eperdument. Un titre qui me paraissait en phase avec mes envies.

Eperdument. Un simple adverbe qui en dit long.

Eperdument. Une passion dévorante entre deux personnages que tout opposent.

Pitch

Jean a une vie tout ce qui a de plus correcte. Avec une famille et un travail respectable (celui de directeur de la maison d’arrêt pour femmes de Versailles). Seulement, du jour où il va s’occuper du dossier d’Anna, incarcérée sous sa garde, tout va changer. Ces deux personnes vont tomber éperdument amoureuses, comme l’indique le titre du film, et vont vivre une histoire d’amour intense mais aussi impossible. Tirée d’une histoire vraie (raconté par Florent Gonçalves dans son livre), ce film met en parallèle leurs emprisonnement respectif : celui de Jean, psychologique et celui d’Anna, plus matériel.

Mon avis

Une part de rêve dans cet amour qui se construit au milieu du béton, dans la réalité concrète de la prison. Cette histoire d’amour est avant tout l’histoire de deux fantasmes qui se rencontrent : sûrement plus rêvée que vécue. Un directeur de prison joué par Guillaume Gallienne, tombe amoureux de l’insolente beauté d’Adèle Exarchopoulos, emprisonné pour une peine longue, dont on ignorera tout des motifs.

Beaucoup des femmes, présentes dans le film, ont eu une expérience du milieu carcéral. Elles donnent une véracité au propos tout en augmentant la sensation d’étouffement, en appuyant sur ce besoin de rêves, au travers d’émissions de télé réalité, en boucle sur les téléviseurs des cellules. Adèle Exarchopoulos joue majestueusement, ondulant entre tigresse et louve. « Je voulais que son corps soit comme un instrument de guerre au début et que, peu à peu, il devienne un instrument d’amour », précise le réalisateur.

Seules les visites de la mère ponctuent un conflit bien réel entre mère et fille. Le très beau visage d’Adèle Exarchopoulos illumine l’écran. Certaines scènes lui donnent la possibilité de laisser éclater son talent. Guillaume Gallienne, dans ce rôle d’homme amoureux, perdu, père attentif ou époux désemparé est tout aussi convainquant.

Bémol : on a parfois du mal à imaginer que toutes les scènes où ils se retrouvent seuls au sein de la prison soient possibles.

V. me demanderait « la morale » de cette histoire. Je lui répondrais que c’est avant tout une histoire d’amour qui se fout de la morale, qui cherche à rester pure, quitte à en payer le prix fort.

A voir.

Coup de coeur musical

Restons dans le pêché, mortel ou non, et croquons à pleine dents dans cette B.O de The Affair que j’adore, interprétée par Fiona Apple. De fortes chances que je vous parle de The Affair très vite, by the way.

Bon week-end et gros #LOVEsurVous

Publicités

9 réflexions sur “Eperdument

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s