Plus que nos mères, moins que nos filles

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C’est fou. Au plus profond de moi je pensais que le simple fait d’être une femme faisait de moi une féministe. Qu’appartenir à ce genre créait de fait une complicité avec tous mes pairs. Quelle femme ne voudrait voir cesser toutes les atrocités que subit notre sexe depuis la nuit des temps. Cette moitié de la population mondiale, si souvent meurtrie dans sa chair, dans son intégrité, voit ses libertés bafouées en permanence. Des excisions au recul du droit à l’avortement. Du voile intégral à une image ultra sexualisée. Des différences de salaire à… Kim Kardashian que l’on blâme de ne pas s’être fait violer après le braquage de sa chambre d’hôtel à Paris.

Oui je mets TOUT dans le même sac, en papier ou Chanel. Je vous sers en vrac ce que l’on nous sert depuis que le monde est monde. Ce monde que nous avons nous-même enfanté… Je ne sais pas où me mènera ce billet. Mais ce sera celui de ma réflexion sur une posture que je souhaite prendre dès aujourd’hui en tant que femme. En tant que citoyenne. En tant que fourmi, bâtisseuse du futur de mes enfants.

Féministe. Ce mot, je l’associais à des grandes dames, des mouvements historiques. Simone de Beauvoir, aux Suffragettes bien-sûr, à Simone Veil, au M.L.F, aux Femens… Bref ces femmes, courageuses et engagées dans un combat : celui de libérer notre esprit de l’aliénation masculine (si, si !), celui de jouir de la pleine possession de notre corps. Je les admirais car elles ont permis des révolutions cruciales dans l’acquisition de certains droits fondamentaux. A ces femmes, donc : MERCI.

En même temps, ce « merci » exclut toutes celles qui dans le silence tente d’échapper à leur condition dans des batailles qu’elle mène au sein de leur foyer, de leur village, de leur société. Alors… à toutes les femmes : MERCI.

Féministe à moitié ?

Peut-on être « féministe » à moitié. L’obtention de ce titre passe-t’il  par l’engagement sur le terrain. De distribuer tracs. De montrer ses seins. D’éduquer nos filles. D’éclairer nos fils sur ce que peut être Demain.

Peut-il aussi y avoir une action qui soit positive, et donc qui ne passerait pas par une forme d’opposition ferme au sexe fort ? Regardons simplement le champ lexical que l’on plaque sur le mouvement féministe, c’est bien la guerre qui est décrite : lutte, bataille, armes… Tout y passe. Pourtant, y’a-t’il plus masculin, plus YANG (en opposition au YING) que l’art du combat ? Et réduire ma vision a une vision dichotomique de la société ne transcrirait pas justement ce que je projette. Parce que qui dit combat… dit mort. Or, j’aime trop les hommes pour vouloir leur faire la peau ! ;D

Comment faire pour qu’aux prochaines présidentielles, la question de la position de la Femme redevienne une préoccupation sociétale, sans controverse stérile autour de la théorie des genres ? Comment mettre plus de femmes dans le débat politique, sans le contraindre par des quotas. A s’être tues pendant tant de temps, on a du mal à l’ouvrir, vous ne trouvez pas ?

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J’ai peur pour eux

Je crois que c’est la peur qui me réveille soudainement après 38 ans de léthargie. Une peur viscérale. Peur pour ma fille bien-sûr. Peur pour mon fils aussi.

J’ai peur que si nous ne prenons pas ce grand virage idéologique dont la planète entière à besoin pour prétendre à un futur commun avec les Hommes, nous allions droit dans le mur au niveau du droits des femmes. Si nous ne prenons pas ce virage écologique radical, si nous ne reconsidérons pas notre façon de consommer, notre façon d’échanger, notre façon de nous comporter face à la Nature, notre façon d’accepter notre voisin… Comment voulez-vous qu’il reste une place pour reconsidérer positivement, dans l’équité, la place de la Femme dans la société (car malheureusement ça passera par un débat) ? Tout sujet  sera toujours prioritaire.

Et pourtant… Pourtant il suffit de regarder en tout point l’exemple de la Nature pour trouver nos réponses. Nous nous sommes tellement éloignés de nos racines profondes que nous avons perdu une part importante de notre humanité. Et cette Nature, mère nourricière, ne renie pourtant jamais ses enfants.

Sommes-nous toutes autant que nous sommes LA solution à notre problème ? Je n’en apporte aucune, de solution ici. Je crois que je ne construis même pas un terreau suffisant pour un vrai débat avec cette logorrhée sans queue ni tête… Mais comme je le disais plus haut : j’ai peur qu’un jour ma fille ne puissent plus décider pour elle-même et par elle-même. J’ai peur qu’un jour mon fils suive ceux qui voudront la baillonner.

J’ai les foies autant que j’ai foi en eux ! #CriseDeFoi

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Ouvrons-nous : ouvrons-là

Faisons alors juste un serment. Un voeu pieu. Ou une promesse solennelle. Chacune décidera. Ne banalisons rien de ce que nous voyons au nom de l’habitude. N’acceptons pas ce qui nous dérange. Refusons ce qui nous heurte. C’est en réapprenant aux plus jeunes que Kim K est un être de chair (et pas que de silicone) qui souffre elle aussi quand on la maltraite que l’on évitera les tweets à 3000 RT de ceux qui se demandent pourquoi ses assaillants ne l’ont pas assaillie par derrière.

Je vois sur les réseaux sociaux des copines qui, à chaque main aux fesses, à chaque agression verbale dans la rue, crie leur colère, leur désarroi à qui veut bien l’entendre. Les commentaires qui s’en suivent n’ont rien d’emphatiques. Jamais. On les traite avec mépris de  « féministe »… Dans ces cas-là : ouvrons-là ! Je le dis d’abord pour moi qui n’osais pas.

Et puis, quand pendant une discussion en soirée avec tes copines, tu réalises que chacune d’elle peut citer QUELQUES exemples d’agressions vécues depuis l’adolescence : frottages dans le métro, se faire suivre dans la rue le soir, agressions verbales, agressions sexuelles même… Là… là tu prends dans ta face ENFIN conscience que ça ne peut plus être passé sous silence, minimisé ou banalisé.

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Semons l’amour

Enfin, soyons sûres que ce qui nous rendra toujours différentes, et en ça inégales aux hommes : c’est notre capacité à semer l’Amour. Littéralement. Et non ce n’est pas #BisounourStyle de dire cela. Au contraire, c’est primaire. C’est ancré et encré, dans nos gènes et dans nos veines. Nous sommes cette sève. Nous sommes cette force si vivante, si puissante. Cette même force qu’ils ont toujours crainte. Depuis que le monde est monde. Depuis que nous l’avons enfanté.

Bref. Je crois que je suis un peu beaucoup féministe.

Vos pensées et réflexions sont les bienvenues (que vous soyez un homme, une femme, transgenre… ou toute autre forme de vie extraterrestre). Je demande juste des débats constructifs et positifs !

Je finis par quelques vers :

 »On veut etre aimé.
A defaut d’etre aimé, on veut etre admiré.
A defaut d’etre admiré, on veut etre craint.
A defaut d’etre craint, on veut etre detesté.
On veut provoquer une emotion chez l’autre, n’importe laquelle, notre âme se fige de terreur a l’idee du vide et est prete a tout pour avoir un quelconque contact. »
– Hjalmar Söderberg –

Emilie Gassin -Curiosity Killed the Cat

#PEACE et #LOVEsurVOUS

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18 réflexions sur “Plus que nos mères, moins que nos filles

  1. lejournaldunefemmedeblog dit :

    Oui, et c’est tous les jours les outrages, tous les jours la violence, verbale, physique …. J’écoutais une émission tard le soir sur le RWANDA ; les femmes y ont été violées, mutilées pendant toute la période du génocide ! Elles ont été prises en charge, (pour celles qui en sont ressorties vivantes), dans un hôpital pour les « réparer » tellement leur corps, leur âme, ont été outrageusement frappé par ces hommes … Au Congo, il y a encore et toujours des hommes qui violent femmes et enfants, des bébés aussi, et c’est maintenant !
    Ici, en France,on nous parle mal, on nous considère mal, nous sommes souvent quantité négligeable alors que nous sommes plus nombreuses que les hommes … C’est intolérable ! Je contribue, à ma façon, à changer cela, en n’admettant pas les insanités déversées sur le dos de K.Karda »chiante » (même si je ne l’apprécie pas plus que cela)….en n’admettant pas les injures faites aux femmes qui : -« n’auraient pas dû sortir entre copines le soir – ah ben si elles ont été agressées, ben tant pis pour elles – c’est bien fait – moi à 20h30 j’suis chez moi – faut pas attiser le regard des hommes – des fois qu’ils puissent pas se retenir – les pôôôôôôvres !!!
    Tous les jours, à tous les instants, qu’on soit jeune ou vieille, il y a un sale type qui ne nous respecte pas, simplement parce que l’on est une femme.

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    • donotracuspote dit :

      Merci pour ces exemples tragiques si réels, si inscrits dans ce présent. Le « féminisme » est une posture quasi obligatoire aujourd’hui. Ne pas accepter. Ne pas laisser passer. Même au nom de l’humour… lourd ! Merci d’être passée ici et d’avoir pris le temps de partager ta réflexion sur un sujet si profond ! 😀 A très vite !

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  2. Olivia dit :

    Chère Miss Cuspote, c’est nécessaire des billets comme ça, merci de les écrire! J’aurais bien des choses à dire, tu t’en doutes. Oserais-je juste une précision, le féminisme n’est pas l’apanage des femmes, puisqu’il y a beaucoup d’hommes féministes, dans la mesure où ils sont humanistes et qu’ils considèrent qu’être une femme est une des déclinaisons (assez représentative/ la moitié de l’humanité comme tu le rappelles) d’être humain. Nos pères, nos frères, nos maris, nos amis, nos compagnons, nos cousins, nos fils, nos collègues, nos grands-pères sont nombreux à être hommes et féministes. Cela emmène donc aussi le débat bien au-delà du clivage « Mais moi j’aime bien les hommes, alors je ne suis pas féministe ». Parce que la question n’est pas là. Ni sur le fait de porter du gloss rose ou d’avoir du poil sous les bras (car il y autant de manière d’être femme qu’il existe de femmes). La question c’est : est-ce qu’en tant que personne je suis « moins » quelque chose parce que je suis une femme? Je vaux moins « quelque chose »? Je « mérite » quelque chose? Les hommes féministes et les femmes féministes estiment que nous sommes égaux en tant qu’être humains, et infiniment différents – pour notre plus grand bonheur, et parfois notre plus grand désarroi, à tous. C’est l’aventure d’une vie d’être amie, collègue, compagne, mère, sœur, cousine, tante, grand-mère, fille. Elle n’a pas vœu à être partagée, dans le sens où ce n’est pas ce qu’elle demande. En revanche, « la raison », « l’intelligence », « l’humour », « la loyauté », « le courage », « la ténacité », « la créativité », « le plaisir », « le désir », « l’espérance », ne dépendent pas de notre genre, garçon ou fille, homme ou femme. C’est, pour moi, ça le féminisme. Un mot en –isme qui dit : n’appréhendez pas l’autre sur des a priori. Mais puisque les préjugés ont souvent des conséquences violentes (vaste sujet), alors oui, mieux vaut s’affirmer. Surtout si on a la chance de pouvoir dire ce que l’on pense. Ce qui reste un luxe (autre vaste sujet). Merci Laura de faire vivre le mot de féminisme, qui n’est pas un gros mot, mais une réalité partagée par beaucoup, hommes et femmes, qui vise l’accroissement du bien-être, de l’intégrité et de la liberté de beaucoup plus encore, hommes et femmes. Bref, j’ai écrit un commentaire à ton post 😉

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    • donotracuspote dit :

      Tu ne peux pas imaginer combien j’attendais ta participation, toi et ton avis si juste, tellement plus précis, bienveillant et humaniste. Car quel meilleur mot : « humaniste ». Pourtant, sans appuyer le clivage, et je te rejoins à 1000% quand tu dis que beaucoup d’hommes sont féministes, je me questionne sur la capacité des femmes à faire corps (et esprit) face à tout ce qui peu diminuer notre sexe. C’est pour cette raison que je commençais en me posant la question : suis-je féministe parce que je suis femme (et là encore n’excluant pas les hommes) ? Je me pose la question parce que j’ai désormais un mal fou à rester silencieuse quand je vois des outrages, aussi petits soient-ils… Tu as raison, on nous offre (comme un cadeau, un droit, une liberté ?) la parole ! Alors ouvrons-là ! Ma copine, accepterais-tu que je partage tes mots sur la page FB ? Je trouve qu’ils enrichissent le point de vue sur cette partie non clivante avec les hommes. Merci encore pour ce commentaire si éclairant ! J’ai écrit ce billet en une traite sans trop me positionner moi dans ce débat, pour faire avancer ma pensée : tous les commentaires que je reçois sont hyper précieux. #CoeurAvecLesMains

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  3. lafeebiscotte dit :

    Je suis comme toi, souvent j’y pense et ça m’effraye. On s’éloigne des bases, des choses essentiels et parfois si simple de la vie. J’espère que nos enfants n’en soufreront pas ou n’en seront pas affecté. Bel article comme toujours.

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  4. stéphanie de Stefyfamily dit :

    Quel beau billet encore une fois. Tellement vrai aussi, Je pense aussi que peut importe, femme ou homme, l’être humain à oublier ce que la nature lui à donner, à oublié de la respecter surtout. C’est toute la civilisation actuelle qui doit se recentré si non le monde ne s’en sortira pas ! Mais ayons confiance, la génération future est notre avenir, les consciences se réveillent peu à peu, bientôt le monde va changer j’en suis sur! Belle journée

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  5. chouquettesandcoblog dit :

    Un bel article, plein de sens et qui mène à la réflexion.
    Je me pose souvent cette question: Suie-je féministe?!
    Tout dépend de ce qu’on met derrière ce mot…
    …Je suis pour la vie, pour l’égalité des chances (Je suis utopiste un peu aussi)
    mais je ne suis pas pour une guerre qui oppose les sexes…

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    • donotracuspote dit :

      Comme toi j’aspire à cette égalité des chances (j’aime beaucoup cette expression) sans vouloir mettre la Femme au-dessus de tout. Je crois en effet que ces questions nous devons nous les poser, car c’est ainsi que l’on pourra en faire profiter nos enfants dans la vision du monde que l’on va leur dépeindre. Merci d’être passée par ici, et à très vite sur ton blog ! Belle journée !

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  6. 1maman2filles dit :

    Quand j’ai voulu des enfants, je me suis dis oui mais dans quel monde ?
    J’ai deux filles que j’aime et pour qui j’essaie de leur apprendre les bonheurs simples.
    Je leur apprends aussi le respect d’elles, de leurs corps, même si elles sont petites.

    Je pense aussi que l’égalité homme – femme coule de source et qu’on ne devraient pas devoir se « battre » pour cela…

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    • lejournaldunefemmedeblog dit :

      C’est merveilleux d’avoir deux filles, de leur transmettre des valeurs, de les accompagner au jour le jour dans ce monde plus que violent, que ce soit verbalement ou physiquement.
      Que transmettre à des filles ! La même chose que ce que nous pourrions faire lorsque nous avons des garçons : l’honnêteté, le goût du travail, l’intégrité, le sens du devoir, du partage, de la solidarité, l’amour du prochain, … mais aussi la joie de vivre, d’être une femme, de donner la vie (ou pas), d’apporter du féminin partout, dans toutes les disciplines, dans tous les secteurs…. pour que notre présence devienne indispensable au monde et ce, dans tous les domaines.
      C’est magnifique d’être née femme puis de devenir femme !

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