Dialogue avec ma procrastination

journée de la procrastination

En ce jour béni où l’on célèbre l’art de « buller » (qui tombe… je vous le donne en 1000… le même jour que le Black Friday… Hasard du calendrier ?), j’ai regardé ma procrastination dans le yeux et voilà ce que je lui ai dit :

«  Pourquoi tu me suis sans cesse, depuis quelques temps ?

– Je ne te suis pas, je suis toi !

– Non, arrête, c’est pas vrai, tu mens… T’es pas moi ! T’es… T’es… Comme une force… Une force externe… qui me pousse à préférer bloguer, à lire le Web, à lire des livres, à aller à la bibliothèque, à regarder des films, à monter des films, à prendre des photos, à faire des cookies, à coudre, à bricoler des nuages, à réfléchir à des idées folles…

– De quoi te plains-tu alors ? Tout ça, c’est du bon temps, non ?

– Oui, mais… C’est ça le problème ! Et puis tu crois qu’il a 48h dans une journée, peut-être ? Ce temps, je ne l’ai pas ! Je suis tout le temps en retard dans ma vie personnelle ! Il faut… Il faut que j’emmène les enfants le matin, après y’a le Néerlandais,  les courses, manger, ranger, travailler au moins 3 heures et repartir chercher les enfants… Après devoirs… dîner… dents… dodo… Et puis rebosser au moins 1 à 2h… Se coucher avant minuit !

– Je ne comprends toujours pas ce qui ne va pas ? Tout le monde court ! Le monde lui-même court en rond, alors !

– Oui, mais je n’arrive pas à m’atteler au reste !

– Au reste ? De quel reste parles-tu ?

– Mais tu sais bien !… Le reste… Les autres choses à faire, quoi ! Parce qu’il n’y a pas que ça ! Y’a encore 1000 choses sur ma To Do… Toutes ces choses ! Mais regarde, si je commence demain, je serai encore bien. J’ai le temps, je le sais !

– Demain ? Pourquoi demain ?

– Dis, c’est moi qui te pose des questions ! N’inverse pas les rôles s’il te plaît. Tu n’es pas ma conscience…

– Mais peut-être suis-je ta mauvaise conscience

– Ma…?! Oui, c’est ça ! Mais que dois-je faire pour que tu disparaisses ? J’ai l’impression de ne plus avoir le contrôle… De ne pas avoir la force de te combattre, plus la force de me raisonner et de me dire « Allez, maintenant tu t’y mets ! Quitte ce bon temps que tu prends à créer, à produire, tu ne le mérites pas encore car tu n’as fait ta part, celle que la société attend de toi ! » C’est dingue, non, comme mentalité ! Travaille ! Souffre ! Paye ton dû et après s’il te reste quelques minutes, tu peux te les accorder… Je suis sûre que je me serais plu à vivre sous l’Antiquité !… Mais je m’égare ! Va-t’en ! Va-t’en ! Laisse- moi ! Quitte-moi ! Quand je bosse, je suis à fond… Tu ne me tentes pas ! Je peux travailler des heures, des jours sans m’arrêter s’il le faut ! Je n’ai pas besoin de toi ! Allez, va-t’en je te dis !

– Moi je sais pourquoi je t’attire… Pourquoi tu m’aimes tant !

– Pourquoi ? Dis-le moi ! J’ai besoin de comprendre !

– Parce que je comble tous tes désirs, tous tes moindres caprices… Comment ne pas aimer quelqu’un qui ne veut QUE ton bien ?

– >_< ! Mais tu as raison ! Pourtant je ne peux pas t’aimer ! Dans notre société il n’y a pas de place pour toi ! On te célèbre aujourd’hui peut-être, mais au fond on ne te tolère pas ! On doit « Faire-Faire-Faire » ! En fait, tu es comme les découverts bancaires… On dépense, on dépense… et quand on est à zéro, on se dit qu’il reste encore une petite marge. Tu es un poison. Va, je te dis ! Va… D’ailleurs quel est ton nom ?

– C’est toi qui choisis ? Oisiveté ? Procrastination ? Chez les Grecs, on m’appelait hédonisme… Ca sonne bien Hé-Do-Nisme… Mon nom était comme un gros édredon dans lequel on s’enroule, on se love, on se sent bien !

PulcoFresh-Buller.jpg

– C’est vrai que c’est un joli nom.

– Aujourd’hui on me nomme communément « Procrastination »…

– C’est sûr ! Tout de suite… c’est beaucoup moins charmant !

– Ca sonne aussi mal que cette culture de l’hyper-urgence dans laquelle tu évolues et qui fait te sentir mal de trop m’aimer parfois…

– C’est ça !… Mais je ne peux pas non plus me marginaliser… Le temps m’est précieux, il m’est nécessaire. J’ai besoin d’intérioriser une idée avant de la faire jaillir. Le temps est mon allier… Mais il faut produire, produire, produire et surtout ne jamais s’arrêter. Parce que s’arrêter…

– C’est être défaillant !

– Exactement !

– Comment dois-je faire pour composer avec toi ? J’ai bien compris que tu ne me quitteras pas de si tôt…

– C’est une bonne question ! On cherche la réponse… DEMAIN ? »

#LOVEsurVOUS

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8 réflexions sur “Dialogue avec ma procrastination

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