10 ans sans télé : récit et mini-guide de survie

Une nouvelle page blanche et pas mal de sujets possibles qui se bousculent en ce moment dans ma tête. Comme je vous le disais dans le post précèdent, je ne sais jamais trop comment un billet se finira. C’est ce que j’aime le plus dans l’écriture, cette folle aventure des mots. Je ne déroge pas la règle. Let’s go !

J’ai envie de vous parler d’une expérience double : celle de ne plus avoir la télé depuis 10 ans, qui elle-même me conduit à passer des heures sur YouTube.

Youtube, tout le monde connaît mais qu’est-ce qu’on y cherche ? Et qu’est-ce qu’on y trouve ? J’ai eu récemment une petite réflexion intérieure sur le sujet, et je voulais la partager avec vous.

A 3 ans près j’ai 40  ans (... si ! J’te jure ! Oui… je sais… On m’le dit tout le temps…). Donc pas une « Webnative » (née avec le Web), vous en conviendrez. Une vraie « Télénative » (une enfant de la TV, quoi ! ). J’en ai bouffé tant et plus, comme on se goinfre de cuillères entières de Nutella : jusqu’à l’écoeurement. J’ai été fan de Dorothée, des Musclés, des Filles d’A côté. Je pleurais quand je manquais un épisode des Cités d’Or (oui mais j’avais Conservatoire le mercredi ! Je me souviens qu’assise sur ma chaise en bois à l’orchestre, mon hautbois en bouche, je pensais à cet épisode que j’étais en train de louper et dont mes copines parleraient le lendemain à la récré). #Lavieestmocheparfois. Oui, toi aussi tu as vécu ça avec Goldorak, Albator ou Ulysse 31 ? Hein ? Avoue !

10 ans sans télé

J’ai adoré 21 Jump Street (et vu ma soeur coller ce poster de Johnny en perfecto au dessus de son lit, une légère virgule en cheveux sur le front). #Dontcrybaby

J’ai suivi tous les épisodes de Dawnson et de Hartley Coeurs à Vif (et craqué sur Drazic, of course, que j’ai croisé « de loin » à une fête en Australie des années plus tard. #Joelaclasse

J’ai consacré tous les jeudis soirs de ma vie pendant 3 ans à Ally Mc Beal (et cette saison 4 avec Robert Downey Jr). Puis je me suis achetée un magnétoscope (futée avec tout ça) ^-^ pour ne pas griller complètement le semblant de vie sociale que je commençais à avoir à Paris.

Puis… puis… puis… je n’ai plus jamais eu la télé. Si. Comme ça. Un claquement de doigts ? Non, plutôt par la force des choses. Je partais pour 1 an en voyage, un sac de 18 kilos sur le dos. Mes meubles dispersés aux 4 vents, la télé avec. Je suis finalement rentrée à Paris 18 mois plus tard et l’envie de télé m’avait quittée. Ah ! Mais pourquoi ?

J’avais changé. Et elle aussi. Moi j’étais devenue toute ronde avec mes 8 kg en plus. Elle était devenue extra plate. Je ne savais pas exactement comment j’allais reprendre le fil de ma vie après cette expérience. Elle, ultra définie, était désormais programmée pour afficher tous les détails en HD Je me souviens encore du choc quand je suis tombée chez mon père sur Louis La Brocante en zappant. J’ai pensé quelques minutes qu’ils l’avaient adapté au théâtre tellement le grain était net… #Badexperience. Des vieilleries en haute déf… Plus jamais ! Et toutes ces pubs ! Et toutes ces chaînes !! Cette télécommande XXL. Bref. Retour en arrière impossible.

En parallèle (et c’est ce qui a boosté ma décision) le Web 2.0 grandissait, s’organisait. Megavideo commençait à mettre à ma disposition les ressources nécessaires pour contourner le petit écran sans louper un épisode de Lost et 24 heures. Le tout en VOSTFR (et moyennant 9,90€ par mois).

Puis les années ont passé. Nous sommes partis en Finlande. Adieu Paris et son entertainement de tous les instants. Bonjour lacs et forêts. Le Web aura été une ressource de films, de reportages et de séries inépuisable et un compagnon vital pour surmonter mes longs mois d’hiver  #BigUpLesInternets

Puis aujourd’hui, Bruxelles, avec 2 mouflets qui, à chaque fois qu’ils croisent un écran se font littéralement happés par ce dernier. Là encore, pas de Gulli ni de TFou… Non, le week-end : c’est Youtube ! Les Disney, Maia L’abeille, Sam le pompier, Candy, Princesse Sofia et co., finalement tout est là. Il y a même des reportages de « 4×4 dans la boue » pour le plus grand ! #LaBoueMaVieMaPassion

Y O U T U B E. Ô toi, ce tube calorique, cathodique, canoniquecatalytique… CATHARSIQUE. J’écris ton nom avec émotion. J’ai mis un certain temps à m’intéresser à toi pensant être pleinement satisfaite par Facebook et consorts. Mais mes recherches en nouveaux épisodes de Tchoupi et en tutos trico m’ont amenée à découvrir d’autres attraits de ta plateforme, aussi divertissants… que chronophages. #Euphémisme

Donc depuis quelques mois,  je ne regarde presque plus de films ou séries en streaming. Je Youtube en masse (et monsieur aussi). Oui, à ce stade, il est bon de créer un verbe, tellement cela devient une activité en soi. Beauté, humour, tutos, musique, Vlogs… Tout y passe. Je suis prise d’une boulimie de vidéos. Telles des petites étoiles dans le ciel des Internets qui scintillent et qui appellent mon clic. #Playmoi

Les Youtubeuses en particulier me « fascinent ». Ces nouvelles starlettes courtisées par les grandes marques qui font la pluie et le beau temps de la mode et de la beauté 2.0. Pour être franche, elles me « fascinent » autant qu’elles me font « peur ». Elles me fascinent par leur aisance. Par leur sens de la mise en scène. Par le contrôle qu’elles ont sur le contenu qu’elles produisent, et ce dès le plus jeune âge. (je regarde des tutos photoshop de gamines de 13 aux US #claque). Et pour avoir fait l’essai de me mettre face à la caméra récemment : l’exercice est aussi difficile que périlleux. (et  technique !!!).  Alors certes, toutes n’y arrivent pas. Mais dès que la maîtrise et l’expérience se développent, ça paye vite en milliers de fans et en « pouces en l’air ». #Influencejecristonom

Mais alors comment gérer cette soudaine notoriété quand on a entre 15 et 20 ans ? Comment ne pas perdre pied ? Comment ne pas décider de focaliser sa vie à cette activité au détriment de sa scolarité, quand on a des milliers de gens qui nous « like »? Comment gérer la retombée du « succès » quand les clics se détournent  pour d’autres, plus belles, plus jeunes… Bref #plus ?

Et je m’interroge de la même façon sur l’image que cela renvoie aux pré-ados et aux ados qui sont le coeur de cible. Si, moi, à l’aube de mes 40 ans, j’arrive à être « impressionnée » par ces filles, quel impact cela peut avoir sur celles qui les suivent. La différence fondamentale entre une série et une chaîne Youtube Make up, c’est la notion de fiction. Or dans ces vidéos, on filme « une certaine réalité » de sa vie quotidienne. Comment faire pour que les jeunes filles s’y retrouvent. Parce qu’à en croire ces Youtubeuses, la vie c’est :

  • une « morning routine » pour un teint de pêche avec des produits de beauté aussi chers qu’un kilo se safran (mais #bio),
  • des fruits frais dans un fromage blanc… et quelques baies de goji (#fautpasdéconner),
  • une penderie qui déborde,
  • des fringues assortis aux saisons, aux humeurs, aux humeurs de la saison,
  • une collection de palettes à faire pâlir une pro,
  • des cafés chez Startbuck,
  • des sushis à tous les repas,
  • un compte Instagram, Pinterest, Facebook, Snapchat, Périscope…
  • un déco en DIY #homemadeforever
  • du shooting photo dans toutes les capitales

C’est un véritable dictat qui s’opère, et j’imagine facilement le désarroi d’une ado qui peut se sentir « en dessous », face à cette recherche de « perfection » permanente. Parce que  toi, quand tu avais le même âge, il y avait bien ette bande de filles que tu regardais avec envie dans la cours, parce qu’elles paraissent si « parfaites » à tes yeux. Aujourd’hui ? Tu peux en suivre des milliers sur Youtube. Y’a du masochisme dans cette mécanique, non ? Attention, le principe est le même pour les Youtubeurs… Hein ? Les premiers à avoir fait un carton y’a 10 ans sur la plateforme, ce sont ces geeks et leurs dissections de jeux vidéo. ET non ce constat n’est pas genré (car il existe des geekettes et des pros de la palette)  ! 😉

Heureusement, pour lutter contre tout cela, il y a Psychanalyse-toi La Face, une chaîne tenue par Manu. Cette nouvelle Youtubeuse que j’ai découverte y’a peu et que j’adore. Certes, je suis complètement dans la cible mais son concept est assez original : un mélange make up et psychanalyse à la cool. Deux notions opposées de prime abord mais avec lesquelles Manu jongle habilement, et sans artifice (mais tu m’avais dit qu’on parlait make up ?).

Alors Manu, j’ai une question pour toi ? Qu’est-ce qu’il en penserait Lacan de Youtube ?

Laura

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5 réflexions sur “10 ans sans télé : récit et mini-guide de survie

  1. Karine dit :

    Wouah bon faut que je relise cet article avec attention parce qu’entre les tartines, le thé et les chérubins à préparer pour l’école je passe à côté de tous les bons conseils et idées de Laurette. Le titre accroche bien c’est cool (et justement je me disais ce matin ai-je bien fait de regarder profilage hier soir parce que ça fait peur quand même. Je te raconte ma dynamique : ces images qu’on dévore ne nous grillent-elles pas les neurones ?) Bonne journée, pfff plus que 30 minutes et la sonnerie de l’école retentit faut se magner…

    Aimé par 1 personne

    • donotracuspote dit :

      Rohhh je sais, je suis trop longue… c’est pas bien… Faudrait que je canalise un peu ma plume. Oui, bon… des bons tuyaux j’en ai plein pour pallier à la télé « physique ». Ca fera sans doute l’objet d’un billet complémentaire pour ne pas rajouter une tartine de plus… à tes tartines ! Je crois que les séries c’est comme un bon thé : du moment que tu passes un bon moment… Après l’abus d’Internet comme de TV doit, je te rejoins, griller qq. neurones…MAIS pour compenser nous avons nos petits. Hier j’ai réappris toutes les parties de LA FEUILLE d’ARBRE : pétiole, foliole, nervures, rameau, bourgeon, limbes…3 sur 6 dont je ne me souvenais PAS DU TOUT… Je te laisse deviner lesquels ! 😉 Bisous et merci pour ton petit mot ! 😀

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  2. Alex dit :

    Avis d’un non TVéiste :

    Que c’est bon ! Je suis devenu un adepte de la radio : moins politiquement correct, plus varié au niveau de l’offre culturelle je trouve et puis les podcasts, c’est quand même top.

    « Regarder la TV » devrait d’ailleurs être une expression en voie de disparition dans les prochaines années à mon avis : les « jeunes » et futurs « jeunes » suivent (ou suivront) leurs émissions ou le sport sur des écrans d’ordinateurs, tablettes et smartphones, voire phablettes (si on veut la complète oeuf jambon fromage !)

    Aimé par 1 personne

    • donotracuspote dit :

      Phablette ! héhé ! On dirait un animal de compagnie ! 😉
      Oui, dans 50 ans, la télé sera « out », on téléphonera avec nos lunettes et/ou notre montre et notre phablette s’appelera Kiki !! 😀 #Viventlesgalettescomplètes

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